Pourquoi le gouvernement devrait augmenter le prix du carburant ? L’économiste Mamoudou Touré s’explique

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C’est un secret de polichinelle, le gouvernement a procédé à une augmentation du prix du carburant à la pompe à 10 000 GNF au lieu de 8 000 francs appliqués jusqu’au soir du samedi 30 juin. Soit une augmentation de 25%. Déjà les réactions sont frontales de la part des organisations de la société civile et les centrales syndicales qui exigent du gouvernement de reconsidérer sa décision prise, selon elles, de façon unilatérale

Mais la question principale qu’on pourrait également se poser est celle de savoir quelle est l’opportunité de cette augmentation du prix des produits pétroliers. Joint ce matin par notre rédaction, l’économiste Mamoudou Touré a placé la situation dans un contexte inflationniste. ‘’L’inflation en soi parce qu’il s’agit de cela s’explique par un certain nombre de facteurs non seulement la Guinée n’étant pas un pays producteur du pétrole avec la hausse du prix du baril à l’international doit forcément subir, également la dépréciation de notre monnaie’’ a tout d’abord éclairé l’économiste

Poursuivant son argumentaire, Mamoudou Touré, soutient également que cette augmentation peut justifier par la morosité de l’activité économique due aux différentes crises sociales et politiques en début d’année dont la conséquence est la difficulté de mobilisation de recettes. Donc, déduit-on, au niveau des ressources financières il y avait beaucoup de manque à gagner. ‘’Donc c’était une bonne opportunité pour l’Etat d’augmenter le prix du carburant à hauteur de 25% quand bien même lorsque vous regardez l’accord de février 2016 sur lequel s’attachent les autres stipule clairement que l’Etat s’engage à maintenir le prix du baril jusqu’à 57 dollars alors qu’à l’époque le prix du baril était à 33 dollars et aujourd’hui il est à 74 dollars soit une augmentation de 120%’’ a justifié l’économiste

Par contre, Mamoudou Touré comprend la prise de position des acteurs sociaux qui dénoncent l’unilatéralisme de la décision du gouvernement d’autant que des mesures d’accompagnement devraient être indiquées avant la fixation du prix

Quitte à savoir à présent qui aura le dernier mot entre les acteurs sociaux et le gouvernement

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