Lettre ouverte de Mohamed Soumah président de la GéCi à la diaspora guinéenne

Mes chers compatriotes,

Dans la continuité des vœux adressés au peuple de Guinée, la Génération Citoyenne a salué l’aide substantielle que vous apportez à vos familles respectives.

C’est une assistance hautement appréciable, quand on sait que le « bonheur » de toute famille guinéenne aujourd’hui, est d’avoir un soutien hors du pays. D’où l’afflux de réfugiés guinéens un peu partout, comme si nous étions en état de guerre ou face à une pandémie.

A ce propos, le dernier rapport du HCR indique que la Guinée est le 1er pays fournisseur par la mer en Afrique, avec plus de 13 000 migrants en 2018. Sans compter ceux qui ont pris l’avion, ou qui se trouvent dans les pays limitrophes. Ils ont perdu tout espoir.

Un Parti à vocation à la conquête du pouvoir. Devant ce challenge, la GéCi a consacré un pan entier de son projet politique aux guinéens qui sont loin du bercail.

L’exil n’est pas doré, et tout Guinéen souhaiterait rentrer chez lui, un jour.

Beaucoup l’auraient déjà fait si les conditions étaient réunies, au lieu de vivre comme des parias ou des sans-papiers dans certains pays. L’aventure ne réussit pas à tout le monde.

Notre projet démarre par l’inventaire de nos ressortissants/ressources humaines, afin d’évaluer les atouts, les besoins et toutes les opportunités.

Ce travail de proximité, de contrôle et de suivi serait à la charge de la représentation diplomatique, dont l’objectif sera d’assurer le rayonnement de la Guinée dans le monde.

Nous allons la doter d’un système de collecte d’informations statistiques fiables, à travers la recherche et la mobilisation de ressources pour financer le développement.

Nos ambassades seront des maisons communes pour tous les Guinéens, afin de redynamiser notre diplomatie à travers : l’enregistrement des naissance, décès et alliances, aide au retour, la gratuité du visa pour les familles dont l’un des parents est Guinéen, une base de données présentant les opportunités d’investissements, un site internet au service des expatriés, des colonies de vacances sous la houlette des autorités consulaires, le jumelage entre les villes, la participation à toutes les élections nationales, avec des députés représentant les Guinéens de l’extérieur, comme au Sénégal, au Mali, en France, etc.

C’est grâce à cette nouvelle coopération économique, assortie d’une obligation de résultat, que nous serons amenés à lancer des appels à candidatures pour certains postes étatiques.

Il nous faut les meilleurs fils et filles du pays, dans une compétition élitiste et transparente.

C’est par ce biais, que nous allons imposer la méritocratie, en lieu et place de la médiocratie ambiante qui plombe le décollage économique. Il n’y a pas 2 types de Guinéens.

Et partout où il y aura des ressortissants en petit nombre, nous utiliserons les structures des pays amis, pour réaliser des économies et redynamiser la coopération sous régionale.

Nous prévoyons des structures et des initiatives pour transformer en capital économique ce vivier de compétences et sa manne financière, comme le Haut Conseil de la Diaspora, l’Agence de promotion et d’investissement de la Diaspora, les mécanismes d’appui pour le transfert des devises, l’exonération des droits et des taxes douanières de vos biens personnels et matériels importés, l’obtention de parcelles d’habitation et de domaines pour les activités agricoles, la préinscription des enfants en cas de retour programmé, la création d’une banque de l’habitat et d’un guichet unique pour toutes vos démarches, etc.

Nous allons mettre en œuvre un vaste programme de création d’emplois jeunes et de micros entreprises pour sécuriser vos investissements privés, ainsi que des dispositifs de crédits, des structures de formation dans les techniques de gestion et d’organisation professionnelle.

Nous allons instaurer la confiance et la sécurité, afin qu’une partie de cette masse monétaire puisse financer les programmes qui n’attirent pas les investisseurs traditionnels…

De ce qui précède, les autorités guinéennes semblent ignorer tout ce qu’elles auraient à gagner, en vous associant à la vie économique du pays.

L’Etat tarde à vous transformer en acteurs de développement, comme si vous étiez des citoyens de seconde zone ou des apatrides.

Aujourd’hui, le risque d’explosion sociale du peuple en souffrance, et la résultante de l’agrégation de la colère, de l’injustice et des frustrations, mettent la cohésion en lambeaux.

Cette situation vous interpelle, car l’unité d’action fait défaut intramuros.

La Génération Citoyenne a toujours refusé l’affrontement et la violence, mais elle a décidé de mettre le pied dans le plat du peuple martyr de Guinée, qui est presque à l’agonie.

De ce fait, votre implication pourrait aller jusqu’au refus d’envoyer le moindre centime au pays, afin de créer un électrochoc salutaire au niveau des populations.

L’organisation citoyenne qui vous est demandée, va au-delà des frontières, des querelles politiciennes, et du débat clivant dont s’abreuvent les « théoriciens ». Il y va de la construction de notre communauté d’intérêts, et des dangers qui se profilent à l’horizon.

En son temps, Nelson Mandela avait insisté pour le durcissement du blocus vers son pays, tout en sachant que les conséquences seraient terribles pour la communauté noire.

Mais la finalité était d’amener les dirigeants à négocier, face au désastre subi par l’économie du pays.

C’est ce qui a finalement sonné le glas de l’Apartheid, après de multiples stratégies vaines.

Refuser d’aider les familles, exiger d’elles une conduite ou leur imposer votre diktat, entre dans le cadre de l’éveil des consciences. D’autres pays l’ont usité avec succès.

Il urge de sortir la grande majorité silencieuse de la fatalité, de la facilité et de la léthargie.

Nous ne sommes plus à l’époque où la Guinée vivait en autarcie. Période pendant laquelle le Guinéen avait même peur de son ombre et sombrait dans l’obscurantisme.

Les vœux du nouvel an du Président Alpha Condé sont édifiants à cet effet. Il est à se demande s’il parle de la patrie, et s’il n’est pas à la tête du pays depuis plus de 2 mandats américains.

Pis, en maître des horloges, il vient d’encenser son 1er Ministre tributaire du dialogue social, avant de l’écarter des négociations avec les syndicalistes en grève, au profit d’un ministre qui ne détient pas les cordons de la bourse, encore moins en charge du secteur incriminé.

Il continue de jouer la montre, pendant que l’année blanche se fait de plus en plus pressante pour les écoliers.

Dans un mois, la Guinée aura voté pour des Communales qui tardent à être bouclées un an après. Sans compter les députés qui ont ouvert la boite de Pandore de l’autoprorogation de leur mandat, alors qu’ils ont voté une loi de finances qui ne comporte pas le budget de l’organisation des élections législatives. C’est une forfaiture.

Il est temps de changer de paradigmes à travers la mutualisation des différentes stratégies, issues de la participation de citoyenneté active de tous les expatriés.

Il est temps de mettre en sourdine tous les mots/maux qui gangrènent la société guinéenne, et nous accorder sur le maitre-mot de SOLIDARITE, ou à tout le moins PATRIOTISME.

Vive la brave et valeureuse Diaspora guinéenne.

Fodé Mohamed Soumah

Président de la Génération Citoyenne « GéCi »

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