Devoir de mémoire: Le conseil testamentaire d’Aboubacar Bruno Bangoura (Par Abdoulaye Condé)

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Ces images, prises le 26 avril 2017 au déjeuner offert par le Président de la CAF, Ahmad au restaurant du siège de la CAF dans la Cité du 20 octobre au Caire aux membres de la Commission Interclubs qu’il préside et dont était membre Aboubacar Bruno Bangoura, illustrent la toute dernière sortie ou activité officielle de l’ancien international et ancien président de la Fédération Guinéenne de Football.

Sur le long trajet qui relie la Cité du 20 octobre – Marriott Hôtel du Caire que nous effectuons dans le même véhicule avec le Président Antonio Souare, également membre de la Commission Interclubs, Aboubacar Bangoura a tout le temps d’expliquer les difficultés qui minent la gestion du Football Guinéen. Affirmant clairement sa déception et sa méfiance envers une bonne partie du monde des dirigeants du Football Guinéen, il conseille la lucidité et la prudence à son ami d’enfance et second successeur Antonio Souare.
« Faire beaucoup attentions, trop de mensonges »

Il confie s’être définitivement éloigné du Football depuis sa défaite à l’élection de 2011 à la présidence de la Fédération Guinéenne de Football et surtout, depuis l’aveu du Président de la République, Alpha Condé reconnaissant avoir été l’instigateur de ce départ.

Ainsi, l’homme qui a pourtant passé son enfance, sa jeunesse, son adolescence, sa vie comme joueur et dirigeant, était finalement déçu du Football ou plus précisément du traitement qui lui a été réservée par les hommes qu’il croyait être des amis ou loyaux collaborateurs.  » Mon frère, me dit-il, ce sont des faux »

En apprenant, hier 03 juillet 2018, sa brutale disparition, ces conseils d’Aboubacar Bruno Bangoura à son ami Antonio Souare résonnent aujourd’hui comme un testament.

C’est en 1978 -79 que j’ai personnellement approché Aboubacar Bruno Bangoura. À l’époque, il fréquentait souvent mon frère Cheick Fantamady Conde, son ami à notre domicile de Dixinn Bora. Depuis une fraternité s’est installée et s’est renforcée ces derniers temps quand, à la faveur de ma collaboration avec son ami Antonio Souare, nous avons enfin eu l’occasion d’échanger souvent et de constater que sur plusieurs aspects de la vie, notamment la nature ambivalente sinon ambiguë de l’homme, nous avions les mêmes analyses.

Aboubacar Bruno Bangoura que j’ai vu la toute dernière fois, le 21 mai 2018 au ministère de la Sécurité à Coleah avec notre ami et frère commun, le Malien Souleymane Magassouba accompagné de son intime et fidèle compagnon Ruminigue, me lança un jour : « Dommage que je te découvre tard sinon trop tard  » comme s’il savait qu’il allait nous surprendre par ce brutal décès.

Dors en paix mon cher frère Aboubacar Bruno Bangoura. VEUILLE ALLAH, NOTRE CRÉATEUR, LE TRÈS MISÉRICORDIEUX, l’accueillir dans son éternel paradis. Amen

Par Abdoulaye Condé de GBM.

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