Décret portant création de l’ADAZ: Un autre acte contradictoire du pouvoir central

Le pouvoir de Conté serait-il ressuscité ? Qui se cache derrière la prise par le Chef de l’État, d’actes hautement conflictogènes ? Quelle conséquence sur le fonctionnement administratif de l’État ?

Des actes contradictoires, des décrets contre nature, des décisions sans consultation préalable, voilà ce à quoi ressemble la gouvernance actuelle.

À moins de deux ans seulement de la fin du régime, et trois mois après la mise en place du gouvernement dit ‘’proche du peuple’’, la  Présidence de la République brille à travers des actes incohérents qui ont rappellent les derniers moments du régime de feu Lansana Conté.
Le dernier en date, c’est ce très controversé décret du Chef de l’État portant création de l’Autorité de Développement et d’Administration des Zones Économiques Spéciales et des Zones Industrielles (ADAZ), domiciliée à la Présidence de la République. Selon le contenu du décret, l’ADAZ sera sous la tutelle financière du Ministère de l’économie et des finances.
Les graves incohérences qui peuvent mettre en péril le processus d’industrialisation du pays

D’abord, il faut souligner que cet acte très critiqué du pouvoir central créé une sorte de bicéphalisme.
L’acte pris par Alpha Condé est en total désaccord avec le contenu même du Plan National du Développement Économique Social (PNDES) qui rattachait les zones économiques spéciales et les zones industrielles aux  compétences du Ministère de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises.

L’autre inconvénient, ce que le décret transforme le Ministère de l’Industrie en un arbre dépouillé de ses feuilles. Alors que, conformément à la feuille de mission que lui a  été adressé par le Chef du gouvernement, le cadre juridique de l’agence de gestion et de promotion du parc industriel est un pan essentiel qui est en cours de finalisation. Un sérieux travail s’effectue actuellement par les techniciens du département sous la vigilance du Ministre d’État Tibou Kamara afin d’avoir un cadre juridique approprié et attrayant.

Alpha Condé serait-il prêt à perdre son Conseiller Personnel ?

À en croire plusieurs sources, le Ministre d’État Tibou Kamara en mission de médiation au Togo a appris la nouvelle par voie de presse. Lui, qu’on dit être proche parmi les proches vient de subir un profond coup de poignard dans le dos. Son éloignement du palais a été en faveur de ses détracteurs qui veulent le contraindre à la démission.

C’est trop tôt pour le Chef de l’État de prêter le flanc à un tel jeu. Perdre Tibou avec les contingences de crises dans le pays serait un acte fatal pour ce régime décrié jusqu’à la moelle.

Il a fallu Tibou pour désamorcer les bombes sociales et politiques avec des conséquences incalculables. Alpha le sait mieux que tous.
Le seul moyen pour rétablir l’homme de tous les fronts serait d’annuler purement et simplement le décret du PRAC sur l’ADAZ.

Que nous réserve le futur ?

Tout le monde sait que le Ministre Tibou n’est pas de nature à courber l’échine face une injustice ou un mépris à son égard. Mais compte tenu des bonnes relations qu’il entretient avec le Président, il est difficile d’envisager un quelconque départ anticipé.
Par son courage de dire la vérité et son amour pour la patrie, démissionner aujourd’hui du gouvernement serait une victoire pour ses détracteurs. Il se battra pour obtenir ce qui  est de droit.

Bref, il revient au Président de la République d’œuvrer avec tact et diplomatie pour ne pas perdre son soldat.
La Guinée a encore besoin de Tibou avec tous ce qui se présage comme instabilités sociales et politiques. Alpha Condé a plus à gagner en rapportant son décret que de le maintenir et perdre la confiance et la fidélité de l’un de ses lieutenants les plus  prolifiques du gouvernement.
Et j’ose croire que le Ministre d’État Tibou Kamara ne va pas réagir à coup de tête. Toute décision de sa part fera l’objet d’une longue réflexion à savoir, le pour et le contre.

À bon entendeur, salut !
Cheick Oumar Doumbouya

 

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