Contribution: Les femmes au centre des politiques publiques (Par Mamadou Gando Bah)

Les couches féminines constituent plus de la moitié des populations africaines.                       Elles représentent les principales animatrices des activités informelles et sont réputées pour leur application et leur dévouement dans les rares fonctions de responsabilités qu’elles exercent dans les structures formelles.

Elles sont connues par leur capacité à pouvoir faire plusieurs choses à la fois : Entretenir la maison, travailler et s’occuper du mari et des enfants etc… Elles débordent d’énergies et de courage.

Mais le constat révèle, que cette inépuisable énergie n’est pas revalorisée au profit du développement et de l’équilibre des sociétés africaines.

Les pouvoirs publics africains doivent aller plus loin pour la centralité des couches féminines dans la formulation des politiques publiques.

Pour cela, je me permets de faire une petite proposition qui pourrait peut-être contribuer à creuser une piste de réflexion pour les décideurs publics.

Ma proposition repose sur quatre piliers. Quarte est le nombre indiqué pour tenir debout tout édifice.

Proposition N° 1: revisiter  les textes juridiques en vue de  corriger les dispositions qui instaurent les inégalités entre hommes et femmes. Ces inégalités juridiques constituent parfois de profonds obstacles à l’épanouissement de nos sœurs et mères qui désirent s’épanouir des pesanteurs sociétaux. Il faut dire que les hommes n’hésitent pas parfois à exploiter à fonds les textes codifiés pour revitaliser les cendres des traditions qui ont longtemps maintenu les couches féminines dans un état d’infériorité.

Les femmes doivent pouvoir compter sur les législations de leurs pays pour  pouvoir initier et entreprendre en toute  intelligence.

Des conditions idoines doivent être crées pour assurer aux femmes  une autonomie personnelle et économique.

Proposition N°2 : les pouvoirs publics doivent instaurer la discrimination positive à tous les niveaux pour favoriser la scolarité et l’épanouissement professionnel des couches féminines.

Vouloir appliquer le principe d’égalité entre des couches qui sont socialement inégales c’est instaurer la tyrannie du principe  d’égalité.

Toutes petites, c’est elles qui font les linges avant et après l’école .C’est elles qui font les travaux domestiques pendant que les petits garçons vaquent à la lecture ou au sport.

En plus,  l’animosité qu’impose le quotidien de la vie, donne une longueur d’avance aux hommes qui sont physiquement plus aptes à résister aux lois du plus fort.

D’où la nécessité pour les pouvoirs publics, d’accorder plus d’espace  à nos sœurs, nos épouses et mamans.

Proposition N°3 : favoriser l’inclusion financière. Les pouvoirs publics doivent mettre un dispositif permettant aux femmes d’accéder aux micro-projets, aux crédits mais également aux propriétés foncières.

C’est pourquoi, des mesures doivent être prises pour aider toutes ces braves dames à faire migrer leurs activités informelles vers le formel. Ceci est nécessaire pour pouvoir accéder aux crédits.

Proposition N° 4 : la transversalité de la lutte contre les inégalités. Là également, les pouvoirs publics ne doivent pas miser sur un département pour faire la promotion de la couche féminine.

En Guinée, il existe un ministre des affaires sociales  qui est en charge de la politique du gouvernement en matière de la promotion des couches féminines notamment.

Toutefois, pour une appropriation de l’ensemble des préoccupations de nos épouses, sœurs et Mamans, il est fondamental que toutes les administrations y compris celles du domaine privé mettent des mécanismes juridiques et pratiques pour mieux intégrer l’aspect genre.

La transversalité permet de prendre en compte toute la problématique genre et de toucher du bon doigt les attentes de la couche juvénile.

Je précise enfin, que ces propositions sont abordées de manière sommaire. Au besoin, je peux apporter plus de détails et de précisions.

Mamadou Gando BAH

Enarque (France)

Spécialiste en Gestion publique   

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