Contrat de performances d’EDG sous Veolia : Quatre ans après, que retenir ? (Par Aboubacar Condé)

L’on se souvient que le 15 juin 2015, le couple français Veolia-Seureca prenait les commandes de l’unique entreprise nationale d’électricité de Guinée pour une gestion rationnelle de quatre ans. Et depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont.

Près de quatre ans, les Guinéens en majorité se demandent et cherchent les résultats qu’ils attendaient d’EDG. De moult questions sont posées par endroit aux autorités de haut niveau sur la réelle contribution du couple français. La fourniture du courant électrique 24h/24 consignée dans le contrat s’est détériorée considérablement, la subvention de l’Etat censée être réduite s’est presque multipliée. Tenez, jusqu’en 2015 elle tournait aux environs de 300 milliards de franc guinéen tandis qu’en 2018 elle avoisine les 800 milliards de franc guinéen. Que dire de l’insuffisance dans le raccordement des clients avec les compteurs à pré-paiement et le manque criard de formation continue des travailleurs de terrain ? Comme cela ne suffit pas, des cadres sont écartés sans état d’âme. On dénonce une gestion opaque.

Un mixte qui devait, durant les quatre années, et à l’issue d’un diagnostic complet, soigner l’image d’EDG auprès de sa clientèle mais aussi, instaurer une gestion rationnelle, former le personnel, améliorer la prestation et rentabiliser la prestation d’EDG.

Un challenge difficile mais pas insurmontable. Puisqu’à cœur vaillant rien d’impossible. Pourtant, tout porte-à-croire que ce couple a échoué dans sa démarche de ramener l’Electricité de Guinée au rang des entreprises dynamiques, performantes et compétitives.

Les faits sont têtus, le démon de la mauvaise gouvernance, du népotisme, du clientélisme, du favoritisme, de la médiocrité qui a détruit EDG durant des décennies a aussi résisté à la « bonne volonté » des français.

Résultat final, le client (Président de la République) est lamentablement déçu et les populations anéanties à cause des sommes colossales injectées pour une réforme infructueuse. Et de l’autre côté, les bailleurs de fonds qui n’ont rien à perdre puisque l’investissement n’est pas une perte. Vous savez certainement de quoi je parle !

A ce niveau, il faut juste comprendre que le couple Veolia-Seureca est une entreprise mixte dans l’escarcelle des bailleurs de fonds. Pour comprendre très facilement en français facile, c’est de l’argent donné par la main droite qui est retiré par la main gauche. Aucune perte donc pour les bailleurs de fonds mais la Guinée doit rembourser l’investissement. Faut-il rappeler que le coût du projet s’élève à plus de Quatre cent millions de dollars (400 000 000 dollars US) soit près Trois mille 600 Milliards de franc guinéen financé par la Banque Mondiale mais progressivement décaissable

Mathématiquement, le contrat doit finir en juin 2019 et déjà, les voix se lèvent pour influencer les prochaines décisions des autorités guinéennes. D’un côté, il y a  ceux qui saluent le travail mitigé du couple français et de l’autre, ceux qui critiquent la prestation.

En un mot comme en mille, la décision ultime reviendra au Chef de l’Etat qui, dans un passé récent critiquait le bilan de l’entreprise. Désormais, les regards sont tournés vers la plume et les lèvres du Pr. Alpha Condé qui devra donner les nouvelles orientations. Mais déjà, beaucoup estiment que la page du couple est tournée à la Présidence de la République avec surtout la nomination d’un coordinateur adjoint.

Gardons encore patience et croisons les bras pour suivre les astres du couple Veolia-Seureca.

Aboubacar Condé

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