Adresse du Chef de l’Etat: Un discours trompeur qui trahit le courage et cache des intentions

Ne dit-on pas que pour être efficace, il faut garder ses intentions? L’exercice est savamment mûrit par un homme qui ne court pas après le temps pour bâtir un projet quelque soit la durée que cela prendra. Des coups de pioches aux coups de pelles, de brique à brique, l’homme use de sa ruse pour reposer son chantier de réforme constitutionnelle sur du roc et non du sable mouvant au risque de voir s’écrouler un rêve par la maladresse d’une précipitation.

L’annonce du Président de la République était très attendue dans un contexte de grandes incertitudes lié au débat portant sur la nouvelle constitution et de sa volonté de partir ou pas au crépuscule d’un bail fixé dans les limites du temps.

Dans cette allocution de tous les risques, le contenu ressemblait plutôt à une conversation avec un désespéré, qui ne souhaite pas plié le genou mais qui soliloquait dans un grand vacarme d’attente.

Sans queue ni tête, l’adresse symbolique de cette nuit désobéit scientifiquement à la technique rédactionnelle et à la pratique discursive.

La démarche cavalière jusque-là opérée par une minuscule de personnes dont l’échec ne souffre d’aucune contradiction, le Chef de l’État en est bien conscient. C’est pourquoi, il engage son fusible au chaudron pour légitimer le braquage constitutionnel en cours.

En grand trompeur, sans courage avec un ton qui trahit des intentions, des convictions et des valeurs, dans un savant-mélange de mots inconciliables, il se présente comme un homme qui est à l’écoute de son peuple, qui l’entend mais très malheureusement qui ne comprend que le chemin boulimique tracé dans un rêve d’une gouvernance qui brille par tâtons et le hasard.

Par peur et par manque de courage, le Chef de l’État dans son speech n’a utilisé le mot  » Constitution » qu’une seule fois et montre toute sa prudence à la suite.

Cependant, il parle d’échéances futures et dit être à l’écoute de tous.
Le Président de la République a compris finalement que nul ne détient le titre foncier de la Guinée et que le débat sur la constitution ne se fait pas entre quatre murs. C’est une première victoire pour le camp du contre ( FNDC, Brassards rouges, Mouvement patriotique pour l’alternance et le salut…).

Derrière cette hésitation, des intentions sont bien lisibles. L’homme a préféré garder le flou et esquiver de manière visible l’essentiel qui focalise les attentions de tous et de chacun. Mais en très bon renard et en vieux routier politique, Pr. Alpha Condé, comme à son habitude, laisse présager tous les doutes sur un éventuel départ ou non au terme de son dernier mandat. Il a encore besoin du temps pour se décider malgré tous les revers qu’il a connus et vus depuis que le débat sur le machin a commencé.

Comme il aime à le dire, qu’il est patient et fin connaisseur de la politique, espérons de voir qu’avec les orages politiques qu’il saura avec sa ruse, trouver le bon chemin qui mène à l’alternance démocratique en 2020.

Rien n’est encore perdu pour le Président de la République. Certes, il a raté d’inscrire son pays dans le carnet rose des pays développés, mais, le boulevard des démocrates lui reste encore. Il pourra le marcher dessus avec tous les honneurs et tout le bonheur.
Qu’on ne se perd pas, le vieux se prépare mieux pour surprendre. Jusqu’à quand cela va durer? Pour le moment, il ne faut pas acheter un chat en poche, car les affaires se font à table.
À bon entendeur, salut!

Par Habib Marouane Camara

Journaliste et Analyste Politique.

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